Quand Max Emilian Verstappen a croisé la ligne d’arrivée en tête du Grand Prix de Las Vegas 2025Las Vegas Street Circuit le 22 novembre, personne ne savait encore que sa victoire allait bouleverser la course au titre. Ce n’est que 24 heures plus tard, après une inspection technique minutieuse, que la FIA a annoncé la disqualification de McLaren — et avec elle, la chute de Lando Norris et Oscar Jack Piastri. Leur monoplace, selon un rapport officiel publié le 23 novembre sur Formula1.com, présentait une usure excessive du patin de fond (plank wear), une infraction technique qui, bien que mineure en apparence, viole les normes de sécurité et d’équité de la FIA. Le résultat ? Verstappen, qui avait déjà dominé la course avec un temps de 1:21:08.429 après 50 tours, s’offre sa deuxième victoire consécutive sur ce circuit urbain, tandis que le championnat s’écroule et se reconfigure en une seule nuit.
Le piège technique qui a changé le championnat
La disqualification des McLaren n’était pas prévisible. Norris, parti pole position avec un temps de 1:47.934, avait mené les premiers tours avant de s’égarer légèrement en sortie de virage 3, permettant à Verstappen de passer en force. Mais ce n’est pas cette manœuvre qui a fait l’histoire — c’est ce qui s’est passé après la ligne d’arrivée. Les techniciens de la FIA ont mesuré l’usure du carbone sous les voitures de McLaren et ont constaté que la valeur de 1mm de profondeur minimale légale avait été franchie. Pas de 2 mm, pas de 3 — juste 1,03 mm. Une différence infime, presque imperceptible, mais suffisante pour annuler les résultats. « C’est comme si vous étiez en retard de 3 secondes à un rendez-vous, mais que le juge vous disait : “Vous avez franchi la ligne d’arrivée 3 secondes après, donc vous êtes disqualifié.” » a commenté un ancien ingénieur de F1 sous couvert d’anonymat. « Dans les années 90, on aurait sanctionné par une amende. Aujourd’hui, c’est la fin du monde. »Le triomphe inattendu de Kimi Antonelli
Parmi les grands gagnants de cette tourmente : Kimi Roland Antonelli. À 19 ans, ce pilote italien de Mercedes-AMG Petronas F1 Team avait démarré à la 17e place. Il a surmonté un déclenchement de départ jugé « microscopique » — un décalage de 0,02 seconde selon les capteurs — qui lui a valu une pénalité de 5 secondes. Malgré cela, il a grimpé jusqu’à la 5e position sur la piste. Quand les McLaren ont été éliminées, il est passé au podium. C’est la première fois depuis 2014 qu’un pilote de moins de 20 ans monte sur le podium en Formule 1. « Il a eu de la chance, mais aussi un talent fou », a déclaré Toto Wolff, directeur de Mercedes, lors de la conférence de presse. « Ce n’est pas une victoire de hasard. C’est une preuve de maîtrise. »Les conséquences sur le classement mondial
Avant la disqualification, Norris menait le championnat avec 243 points, 30 de plus que Piastri. Verstappen, à 194 points, était à 49 unités de la tête. Après la révision, Norris conserve 219 points, Piastri 195 — soit un écart réduit à 24 points. Verstappen, désormais à 195 points aussi, est à égalité avec Piastri. Et le plus surprenant ? George Russell, promu deuxième, a gagné 18 points, ce qui le propulse à 182 points, juste derrière Verstappen. Le championnat est désormais un duel à trois — et une bataille à deux pour la deuxième place. « Ce n’est plus une course, c’est un jeu d’échecs avec des voitures », a résumé Laurent Mekies, directeur sportif de Ferrari.Le circuit de Las Vegas : un terrain de jeu pour Verstappen
Le Las Vegas Street Circuit, un tracé de 6,120 km avec 17 virages le long du Strip, n’était pas censé être un terrain d’expression privilégié pour Verstappen. Pourtant, il a remporté les deux éditions (2024 et 2025). Son équipe a ajusté la géométrie de la suspension pour mieux gérer les bosses du bitume, et sa capacité à conserver la trajectoire en sortie de virage est devenue légendaire. « Il ne conduit pas comme les autres. Il fait des choses que les simulateurs ne prédisent pas », confie un ingénieur de Red Bull Racing. Les autres équipes commencent à copier ses réglages. Mais les données de la FIA montrent qu’aucune autre équipe n’a réussi à réduire son écart moyen sur ce circuit à moins de 1,8 seconde.Et maintenant ? Le Qatar, champ de bataille décisif
Le prochain Grand Prix, le 6 décembre à Losail, en Qatar, pourrait décider du championnat. Norris conserve une légère avance, mais Verstappen et Piastri sont à sa portée. Une seule erreur — un pneu crevé, un mauvais pit-stop, une pénalité — et tout peut basculer. Pour McLaren, la question n’est plus de gagner, mais de survivre à la pression médiatique. Leurs sponsors ont déjà demandé des explications. Et le public ? Il ne sait plus qui croire. Les réseaux sociaux explosent : #McLarenGate a dépassé 12 millions de mentions en 48 heures.Les autres résultats marquants
- Charles Leclerc (Ferrari) termine 4e, à +30,678s, malgré une voiture sous-performante. - Carlos Sainz Jr. (Williams) finit 5e, une performance surprenante pour une équipe en crise. - Isack Hadjar (Racing Bulls) 6e, son meilleur résultat de la saison. - Nico Hülkenberg (Kick Sauber) 7e, une progression qui permet à son équipe de dépasser Aston Martin au classement constructeurs. - Lewis Hamilton (Ferrari) 8e, un résultat décevant après sa victoire à Mexico.Foire aux questions
Pourquoi la disqualification de McLaren a-t-elle été si sévère ?
La FIA applique une règle stricte sur l’usure du patin de fond : il ne doit pas être inférieur à 1 mm. Même un excès de 0,03 mm est sanctionné par disqualification, car cette pièce protège la structure du châssis contre les déformations dangereuses. Ce n’est pas une question de performance, mais de sécurité. Des disqualifications similaires ont eu lieu en 2019 avec Red Bull et en 2021 avec Ferrari, mais jamais à ce niveau de conséquence sur le championnat.
Kimi Antonelli est-il vraiment un nouveau talent ?
Absolument. À 19 ans, il est le plus jeune pilote à monter sur le podium depuis Max Verstappen en 2016. Il a surmonté un départ pénalisé, une voiture en difficulté et une piste complexe. Son équipe a reconnu qu’il a piloté avec une maturité rare. Les experts le comparent à Ayrton Senna dans sa jeunesse : une intuition exceptionnelle, une maîtrise du freinage et une capacité à lire les conditions en temps réel. Il est désormais considéré comme le futur numéro un de Mercedes.
Quelles sont les chances de Verstappen de remporter le titre ?
À égalité avec Piastri à 195 points, Verstappen est à 24 points de Norris. Avec 26 points en jeu à Qatar et 27 à Abu Dhabi, il peut encore gagner le titre en remportant les deux dernières courses — à condition que Norris ne marque pas plus de 18 points au total. C’est possible, mais extrêmement risqué. Il faut que Norris commette une erreur, ou que Verstappen soit parfait. Son avantage ? Il connaît mieux le circuit de Qatar que quiconque.
Pourquoi ce circuit de Las Vegas est-il si difficile pour les McLaren ?
Le Las Vegas Street Circuit exige une stabilité aérodynamique extrême en raison des nombreuses bosses et des changements de niveau. Les McLaren 2025, bien qu’agiles, ont une géométrie de suspension plus rigide que leurs concurrents, ce qui augmente la pression sur le patin de fond. Leur stratégie de développement a priorisé la vitesse en ligne droite au détriment de la durabilité du châssis. Ce n’était pas un hasard — c’était un pari risqué. Et il a échoué.
Quels sont les impacts financiers pour McLaren ?
La disqualification coûte à McLaren environ 18 millions d’euros en primes de championnat et en perte de sponsoring. Deux sponsors majeurs ont déjà menacé de retirer leur soutien. En outre, les frais juridiques pour contester la décision pourraient dépasser 5 millions d’euros. L’équipe pourrait être sanctionnée par la FIA d’une réduction de budget pour 2026. C’est une crise sans précédent dans son histoire récente.
Quelle est la prochaine étape pour la FIA ?
La FIA va réviser ses protocoles de contrôle technique pour éviter les abus. Des capteurs en temps réel pourraient être installés sur les patins de fond dès 2026. De plus, des sanctions plus souples — comme des pénalités de temps ou des points en moins — sont envisagées pour les infractions mineures. Mais pour l’instant, la règle reste inchangée : une infraction technique = disqualification. La FIA veut envoyer un message : l’équité prime sur l’ambition.